Au cœur de l’Europe occidentale, entre la France et l’Allemagne, les Vosges du Nord et le Pfälzerwald forment un vaste territoire de forêts, de grès, de vallées, de cours d’eau, de prairies, de villages et de paysages façonnés depuis des siècles par les relations entre les sociétés humaines et leur environnement.
Réunis au sein de la Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald, ces deux territoires constituent un ensemble naturel et culturel remarquable qui dépasse la frontière politique entre la France et l’Allemagne.
La continuité du massif forestier, la parenté géologique des paysages, les réseaux hydrographiques, les déplacements des espèces et l’histoire des populations montrent que la frontière administrative ne constitue pas une frontière écologique.
Cette continuité donne au territoire une dimension particulière : les enjeux liés aux forêts, à l’eau, à la biodiversité, aux paysages et au développement durable peuvent être compris et traités à une échelle transfrontalière.
La Réserve de biosphère s’inscrit dans le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO. Elle associe trois fonctions complémentaires : la conservation de la biodiversité et des paysages, le développement durable des territoires et l’appui à la connaissance par la recherche, le suivi, l’éducation et le partage d’expériences.
Pour comprendre plus précisément cette organisation, consultez également Le fonctionnement d’une réserve de biosphère.
Un territoire entre la France et l’Allemagne
La Réserve de biosphère transfrontière s’étend de part et d’autre de la frontière franco-allemande.
Du côté français se trouvent les Vosges du Nord, territoire associé au Parc naturel régional des Vosges du Nord. Vers le nord, le massif se prolonge naturellement en Allemagne dans le Pfälzerwald, ou forêt du Palatinat.
Sur une carte politique, il s’agit de territoires appartenant à deux États différents. Sur une carte géologique, écologique ou paysagère, cette séparation devient beaucoup moins évidente.
Les formations de grès se prolongent de part et d’autre de la frontière. Les grandes surfaces forestières appartiennent à un même ensemble paysager. Les cours d’eau et leurs bassins versants suivent le relief plutôt que les limites administratives.
De la même manière, les espèces animales et végétales utilisent les habitats disponibles indépendamment de la frontière nationale.
Cette réalité constitue l’un des fondements de la coopération transfrontalière : comprendre et préserver un ensemble naturel cohérent nécessite de regarder au-delà des limites administratives.
Un paysage dominé par la forêt
La forêt constitue l’un des éléments les plus caractéristiques des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Hêtraies, chênaies, pinèdes et peuplements mixtes composent de vastes paysages boisés dans lesquels s’insèrent vallées, zones humides, prairies, vergers, villages et formations rocheuses.
La couverture forestière occupe une place dominante dans le territoire transfrontalier. Cette importance explique pourquoi la forêt joue un rôle essentiel dans son identité paysagère et écologique.
Mais réduire la Réserve de biosphère à un grand massif forestier serait insuffisant.
Le territoire fonctionne comme une mosaïque d’habitats naturels et semi-naturels, dont les interactions contribuent à la richesse écologique globale.
Cette diversité est présentée plus largement dans le patrimoine naturel des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Le grès, fondement du paysage
Le grès constitue l’un des grands fils conducteurs entre les Vosges du Nord et le Pfälzerwald.
Cette roche influence les reliefs, les sols, la circulation de l’eau, la végétation et l’histoire de l’occupation humaine.
Au cours de très longues périodes, l’érosion a sculpté le grès et créé vallées, falaises, rochers, barres rocheuses et formes parfois spectaculaires.
Les formations rocheuses qui émergent au milieu des forêts constituent aujourd’hui l’une des signatures paysagères du massif.
La roche a également joué un rôle dans l’histoire humaine. Le grès a servi de matériau de construction et certains reliefs ont été utilisés comme supports naturels pour des fortifications et des châteaux.
La géologie relie ainsi plusieurs dimensions du territoire : patrimoine naturel, paysage, biodiversité, architecture et histoire humaine.
Une mosaïque de milieux naturels
La diversité biologique des Vosges du Nord – Pfälzerwald ne dépend pas d’un seul type d’habitat.
Les milieux forestiers occupent une place dominante et accueillent une biodiversité liée à la diversité des peuplements, aux vieux arbres, au bois mort, aux clairières et aux différents stades d’évolution de la forêt.
Les milieux humides comprennent notamment les cours d’eau, sources, étangs, marais, tourbières et autres habitats dépendant directement de la présence et de la qualité de l’eau.
Les milieux ouverts regroupent prairies, pelouses, vergers et autres paysages où certaines activités humaines ont contribué à maintenir des habitats particuliers.
Enfin, les milieux rupestres comprennent falaises, rochers, fissures, corniches, cavités et éboulis associés au grès.
Ces milieux ne fonctionnent pas indépendamment les uns des autres. Leurs interfaces et leurs continuités jouent souvent un rôle aussi important que les habitats pris séparément.
Une nature sans frontière
L’une des idées essentielles pour comprendre les Vosges du Nord – Pfälzerwald est celle de continuité écologique.
Une forêt ne cesse pas de fonctionner parce qu’une frontière politique la traverse. Une espèce animale peut utiliser des habitats situés dans les deux pays. Une population végétale peut être répartie de part et d’autre de la frontière.
Un cours d’eau peut également subir les conséquences d’activités situées bien en amont, indépendamment du territoire administratif dans lequel elles ont lieu.
Préserver efficacement la biodiversité suppose donc de réfléchir à l’échelle des écosystèmes et des paysages.
Cette dimension est développée plus largement dans Nature sans frontière : les continuités naturelles entre les Vosges du Nord et le Pfälzerwald.
Un territoire habité
Une réserve de biosphère n’est pas un espace naturel vide de populations.
Les Vosges du Nord et le Pfälzerwald sont des territoires habités, travaillés et parcourus depuis longtemps.
Villages, bourgs, exploitations agricoles, activités forestières, entreprises, artisans, infrastructures et activités touristiques font partie du paysage.
Cette présence humaine constitue une dimension fondamentale du concept de réserve de biosphère.
L’objectif n’est pas de transformer l’ensemble du territoire en sanctuaire inaccessible, mais de rechercher des relations durables entre les activités humaines, l’utilisation des ressources naturelles et le fonctionnement des écosystèmes.
Cela suppose de prendre en compte simultanément les besoins des habitants, les activités économiques, la qualité des paysages et les limites écologiques du territoire.
Des ressources naturelles qui ont façonné les sociétés
Les populations locales ont historiquement utilisé les ressources disponibles autour d’elles.
La forêt fournissait du bois pour la construction, le chauffage et différentes activités artisanales ou industrielles. Le grès constituait un matériau de construction important. L’eau était indispensable à la vie quotidienne et à de nombreuses activités économiques.
Les terres agricoles permettaient cultures, élevage et production alimentaire.
L’utilisation de ces ressources a contribué à façonner les paysages, les villages, les savoir-faire et certaines activités qui appartiennent aujourd’hui au patrimoine du territoire.
Cette relation entre ressources naturelles et sociétés humaines correspond directement à l’une des grandes questions du Programme MAB : comment permettre aux sociétés de bénéficier durablement des ressources naturelles tout en préservant les écosystèmes dont elles dépendent ?
Un territoire marqué par l’histoire européenne
La situation géographique du territoire franco-allemand l’a placé au cœur de nombreux épisodes de l’histoire européenne.
Frontières, pouvoirs politiques et relations entre populations ont évolué au cours des siècles. Vestiges archéologiques, châteaux, fortifications, villages et architectures témoignent encore de cette histoire.
La frontière franco-allemande a également été associée aux conflits qui ont profondément marqué l’Europe.
Dans ce contexte, le développement d’une coopération environnementale durable entre acteurs français et allemands possède une signification qui dépasse la seule conservation de la nature.
Le territoire constitue aujourd’hui un espace où la coopération peut s’organiser autour d’enjeux partagés : biodiversité, forêts, eau, paysages, recherche, climat et développement durable.
De deux réserves nationales à une coopération transfrontalière
La construction de la Réserve de biosphère actuelle s’est faite progressivement.
La partie française des Vosges du Nord a d’abord été reconnue dans le cadre du Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO. Le Pfälzerwald a ensuite obtenu à son tour une reconnaissance comme réserve de biosphère.
Les sources institutionnelles présentent de légères différences selon les documents quant aux années exactes des premières reconnaissances nationales. Les principales présentations contemporaines utilisent notamment les dates de 1989 pour les Vosges du Nord et 1993 pour le Pfälzerwald, tandis que d’autres ressources institutionnelles mentionnent respectivement 1988 et 1992.
Au-delà de cette variation documentaire, l’évolution générale est claire : deux réserves voisines partageaient un même grand ensemble géologique, forestier et paysager, tout en restant séparées administrativement par une frontière nationale.
Cette situation a progressivement renforcé la logique d’une coopération commune.
Pour approfondir cette évolution, consultez également Origine et histoire de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald.
1998 : reconnaissance de la Réserve de biosphère transfrontière
L’année 1998 constitue une étape essentielle.
Les Vosges du Nord et le Pfälzerwald ont alors été réunis dans une reconnaissance commune comme Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Cette dimension transfrontalière donne une nouvelle échelle à la coopération franco-allemande.
Les enjeux peuvent davantage être envisagés à l’échelle réelle du massif et de ses systèmes naturels plutôt qu’à partir des seules limites nationales.
La coopération peut concerner les gestionnaires, collectivités, scientifiques, associations, acteurs économiques et autres partenaires des deux côtés de la frontière.
Cette reconnaissance traduit ainsi une réalité écologique fondamentale : un même territoire naturel peut nécessiter une coopération entre plusieurs systèmes administratifs et politiques.
Le Programme sur l’Homme et la biosphère
Les réserves de biosphère appartiennent au Programme sur l’Homme et la biosphère, connu internationalement sous le nom de Man and the Biosphere Programme ou MAB.
Lancé par l’UNESCO en 1971, ce programme vise à améliorer les relations entre les sociétés humaines et leur environnement en associant sciences naturelles, sciences sociales, conservation et développement durable.
Une réserve de biosphère n’est donc pas uniquement distinguée pour la beauté de ses paysages ou la présence d’espèces remarquables.
Elle doit remplir trois fonctions complémentaires : contribuer à la conservation de la biodiversité, favoriser un développement économique et humain durable et soutenir la recherche, le suivi, l’éducation et le partage des connaissances.
Ces principes expliquent pourquoi les activités humaines occupent une place centrale dans le fonctionnement du territoire.
Pour une présentation détaillée de ces mécanismes et du zonage, consultez Le fonctionnement d’une réserve de biosphère.
Conservation et développement durable
L’une des ambitions du programme MAB consiste à dépasser une opposition trop simple entre conservation et développement.
Certaines zones nécessitent une protection forte en raison de leurs habitats, espèces ou processus écologiques.
Mais la Réserve de biosphère comprend également des espaces habités, cultivés, exploités et fréquentés.
L’enjeu consiste donc à rechercher des pratiques permettant de maintenir les ressources naturelles et la biodiversité sur le long terme.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, cette question concerne notamment la forêt, l’agriculture, l’eau, le tourisme, les paysages et l’aménagement du territoire.
Une forêt peut par exemple avoir simultanément une valeur économique, écologique, paysagère et sociale. Elle fournit du bois, constitue un habitat, influence les sols et l’eau et accueille différentes activités de loisirs.
La gestion durable consiste précisément à prendre en compte ces fonctions multiples.
Une coopération scientifique de longue durée
La connaissance scientifique occupe une place importante dans le territoire.
Les travaux consacrés aux Vosges du Nord ont notamment été diffusés à travers des publications scientifiques dès les années 1990.
Avec le développement de la coopération transfrontalière, cette dynamique a progressivement intégré davantage les travaux français et allemands.
Les recherches peuvent concerner aussi bien les sciences naturelles que les sciences humaines : écologie forestière, eau, biodiversité, paysages, usages du territoire, histoire, agriculture ou relations entre activités humaines et environnement.
Cette démarche correspond directement à l’esprit du programme MAB.
Une réserve de biosphère doit aussi être un territoire où l’on observe, mesure, compare, expérimente et partage les connaissances.
Observer pour mieux comprendre
Une conservation efficace nécessite des connaissances actualisées.
Comment évoluent les forêts ? Quelle est la qualité des cours d’eau ? Comment certaines populations animales évoluent-elles ? Quels habitats régressent ou se restaurent ? Comment les paysages changent-ils ? Quels effets les changements climatiques peuvent-ils produire ?
Ces questions nécessitent des observations répétées et parfois des séries de données couvrant de longues périodes.
Le suivi scientifique permet d’identifier des tendances qui seraient difficiles à percevoir à partir d’observations ponctuelles.
Les connaissances produites peuvent ensuite aider les gestionnaires et décideurs à adapter leurs actions.
Dans un territoire transfrontalier, la coopération offre un avantage supplémentaire : méthodes, observations et expériences peuvent être confrontées et partagées entre les deux côtés du massif.
Des corridors écologiques franco-allemands
La continuité écologique constitue l’un des domaines importants de la coopération transfrontalière.
Le projet LIFE Biocorridors en a fourni une illustration concrète en travaillant sur différents types de milieux, notamment les forêts, les espaces agricoles et les systèmes aquatiques et humides.
Le principe des corridors écologiques repose sur une idée simple : protéger des espaces naturels isolés ne suffit pas toujours à maintenir durablement la biodiversité.
Les espèces doivent pouvoir se déplacer, se reproduire et maintenir des échanges entre différentes populations.
La restauration de continuités entre habitats peut donc compléter la protection des sites eux-mêmes.
Dans un massif traversé par une frontière nationale, cette approche possède une importance particulière puisque les réseaux écologiques peuvent naturellement s’étendre sur les deux pays.
La forêt comme lien transfrontalier
Parmi tous les éléments du paysage, la forêt symbolise particulièrement bien l’unité naturelle des Vosges du Nord et du Pfälzerwald.
Elle forme un vaste ensemble qui se prolonge de part et d’autre de la frontière.
Cette continuité offre des habitats à de nombreuses espèces et facilite les déplacements à travers le massif.
Mais la forêt est également un espace économique, culturel et récréatif.
Elle produit des ressources, accueille des visiteurs, structure les paysages, contribue à la protection des sols, intervient dans le cycle de l’eau et abrite une biodiversité considérable.
La coexistence de ces fonctions illustre directement les enjeux d’une réserve de biosphère : conserver les qualités écologiques d’un territoire tout en maintenant des usages humains durables.
L’eau relie également les paysages
L’eau constitue un autre élément structurant du territoire.
Sources, petits cours d’eau, vallées, étangs, zones humides et tourbières forment des réseaux dans lesquels une intervention réalisée en un endroit peut produire des effets plus loin.
La qualité de l’eau dépend de nombreux facteurs : état des cours d’eau, utilisation des sols, agriculture, couverture forestière, obstacles artificiels, qualité des zones humides et fonctionnement des bassins versants.
L’approche hydrologique montre une nouvelle fois les limites d’une gestion reposant uniquement sur des frontières administratives.
L’eau suit le relief et les bassins versants.
La préservation des milieux humides des Vosges du Nord – Pfälzerwald participe donc à une approche plus large du fonctionnement écologique du territoire.
Les milieux ouverts et l’activité humaine
Une partie de la biodiversité dépend également de paysages maintenus par certaines activités humaines.
Prairies, pâturages, vergers et autres espaces ouverts peuvent accueillir des espèces qui perdraient progressivement leurs habitats si tous ces milieux évoluaient vers des formations forestières.
L’abandon de certaines pratiques peut donc entraîner la fermeture progressive des paysages.
À l’inverse, une intensification excessive des usages agricoles peut également réduire la diversité biologique.
Le maintien des milieux ouverts des Vosges du Nord – Pfälzerwald illustre ainsi une question caractéristique des réserves de biosphère : comment maintenir des activités humaines viables tout en conservant la valeur écologique et paysagère du territoire ?
Une biodiversité à l’échelle du paysage
La richesse naturelle ne peut pas être comprise uniquement à travers une liste d’espèces remarquables.
Les espèces dépendent de leurs habitats, et les habitats dépendent eux-mêmes de leurs relations avec le reste du paysage.
Une espèce forestière peut avoir besoin de grandes surfaces boisées et de continuités entre différents secteurs. Une espèce aquatique dépend de la qualité et de la continuité des cours d’eau. Une espèce des prairies peut dépendre de pratiques agricoles particulières.
De même, une espèce rupestre peut nécessiter la tranquillité d’une falaise pendant une phase précise de son cycle biologique.
La conservation à l’échelle de la Réserve de biosphère consiste donc à comprendre non seulement les espèces et les habitats, mais également les relations écologiques qui relient les différentes composantes du paysage.
Les habitants comme acteurs du territoire
Une réserve de biosphère ne peut fonctionner durablement sans les personnes qui y vivent et y travaillent.
Les décisions concernant les paysages et les ressources ont des conséquences concrètes pour les populations locales.
Agriculteurs, forestiers, communes, entreprises, associations, professionnels du tourisme, scientifiques, propriétaires, habitants et visiteurs possèdent chacun une partie de l’expérience et des connaissances nécessaires à la compréhension du territoire.
La participation, la concertation et le partage des connaissances peuvent ainsi compléter l’expertise scientifique.
La conservation devient non seulement une question biologique, mais également une question sociale, économique, culturelle et territoriale.
Un territoire d’apprentissage et d’expérimentation
Les réserves de biosphère peuvent être considérées comme des territoires d’apprentissage du développement durable.
De nouvelles approches peuvent y être expérimentées, suivies et évaluées.
Il peut s’agir de restauration écologique, de gestion forestière, d’agriculture, de préservation de l’eau, d’éducation à l’environnement, de tourisme durable ou d’adaptation aux changements climatiques.
L’intérêt ne réside pas uniquement dans la réalisation d’un projet particulier.
Les résultats, réussites et difficultés peuvent fournir des connaissances utiles à d’autres territoires confrontés à des problématiques comparables.
Cette fonction d’apprentissage distingue le concept de réserve de biosphère d’une simple protection réglementaire.
Une identité commune malgré la frontière
L’histoire franco-allemande donne une dimension particulière à la coopération actuelle.
Un massif autrefois traversé par une frontière fortement marquée constitue aujourd’hui un espace dans lequel des acteurs français et allemands peuvent travailler ensemble sur des enjeux communs.
La biodiversité, l’eau, les forêts, les paysages et le changement climatique ne sont pas des problématiques exclusivement françaises ou allemandes.
Ils deviennent des sujets de coopération.
Cette dimension humaine et institutionnelle complète la continuité naturelle du territoire.
La Réserve de biosphère transfrontière peut ainsi être comprise à la fois comme un espace écologique partagé et comme un projet de coopération franco-allemande.
Une réserve qui continue d’évoluer
La reconnaissance internationale n’est pas un aboutissement définitif.
Les écosystèmes évoluent. Les activités économiques changent. Les connaissances scientifiques progressent. Les attentes sociales se transforment et de nouveaux enjeux apparaissent.
Le changement climatique constitue aujourd’hui l’un des exemples les plus importants de cette évolution.
Forêts, ressources en eau, milieux humides, agriculture et biodiversité peuvent tous être affectés par des changements durables de température, de précipitations ou de fréquence des événements extrêmes.
Une réserve de biosphère doit donc être comprise comme un territoire vivant et évolutif, dans lequel les connaissances et les pratiques doivent pouvoir s’adapter.
La reconnaissance fait l’objet d’un examen périodique
L’appartenance au Réseau mondial des réserves de biosphère implique un examen périodique.
Celui-ci permet d’évaluer l’évolution du territoire, son fonctionnement, ses connaissances scientifiques, sa gouvernance et les projets développés.
La Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald a elle-même fait l’objet de ce processus, conduisant à la reconduction de sa reconnaissance.
Ce mécanisme est important pour comprendre la portée du statut.
Une réserve de biosphère n’est pas simplement un label attribué une fois pour toutes. Son fonctionnement doit continuer à correspondre aux objectifs du programme MAB et évoluer avec les enjeux du territoire.
Un territoire naturel et culturel
La notion de patrimoine doit ici être comprise au sens large.
Le territoire possède un patrimoine naturel composé de forêts, cours d’eau, zones humides, prairies, rochers, espèces et processus écologiques.
Mais il possède également un patrimoine humain et culturel.
Villages, architecture, châteaux, traditions, savoir-faire, paysages agricoles et activités liées aux ressources naturelles témoignent de siècles d’interactions entre les populations et leur environnement.
Ces deux dimensions ne sont pas indépendantes.
Une partie importante du paysage actuel résulte précisément de cette relation entre processus naturels et activités humaines.
Comprendre la Réserve de biosphère suppose donc de comprendre simultanément la nature, les paysages et les sociétés qui les ont façonnés.
Pourquoi ce territoire est-il particulièrement adapté au concept de réserve de biosphère ?
Les Vosges du Nord – Pfälzerwald réunissent plusieurs caractéristiques qui donnent tout son sens au concept de réserve de biosphère.
Le territoire possède une forte continuité géologique et forestière, une diversité importante de milieux naturels, des espaces habités et exploités, un patrimoine culturel ancien et une dimension transfrontalière particulièrement marquée.
Il fait également l’objet depuis plusieurs décennies de recherches, de suivis et de coopérations.
Ces caractéristiques en font un territoire particulièrement intéressant pour observer les relations entre systèmes écologiques et sociétés humaines.
La question centrale devient alors : comment préserver durablement les qualités naturelles et culturelles du territoire tout en permettant aux populations d’y vivre, d’y travailler et d’en préparer l’avenir ?
C’est précisément cette articulation entre conservation, développement et connaissance qui se trouve au cœur du concept de réserve de biosphère.
Découvrir la Réserve de biosphère
Cette présentation générale constitue un point de départ pour comprendre les Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Le fonctionnement d’une réserve de biosphère présente le Programme MAB, ses fonctions fondamentales et les principes d’organisation d’une réserve de biosphère.
Le patrimoine naturel des Vosges du Nord – Pfälzerwald permet d’explorer les grands ensembles naturels du territoire et leurs relations.
Nature sans frontière explique pourquoi les continuités écologiques doivent être envisagées au-delà de la frontière franco-allemande.
Enfin, Origine et histoire de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald retrace les principales étapes ayant conduit à la coopération transfrontalière.
Ces dimensions — histoire, programme MAB, patrimoine naturel et continuité écologique — permettent ensemble de comprendre l’identité particulière de la Réserve de biosphère.
À retenir
La Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald forme un territoire naturel, culturel et humain partagé entre la France et l’Allemagne.
Sa cohérence repose notamment sur une géologie commune dominée par le grès, un vaste ensemble forestier, des réseaux hydrographiques, des zones humides, des milieux ouverts et des formations rocheuses.
Mais une réserve de biosphère n’est pas seulement un espace naturel.
Le territoire est habité, travaillé et façonné depuis des siècles par les sociétés humaines. Forêts, agriculture, villages, patrimoine bâti et activités économiques participent eux aussi à son identité.
La reconnaissance transfrontalière obtenue en 1998 traduit une réalité écologique fondamentale : les écosystèmes ne s’arrêtent pas à la frontière franco-allemande.
La conservation des forêts, de l’eau, des habitats et des espèces gagne donc à être pensée à l’échelle du massif.
Le projet va cependant plus loin. Une réserve de biosphère cherche à associer conservation de la biodiversité, développement durable, recherche, suivi, éducation, coopération et participation des populations.
Les Vosges du Nord – Pfälzerwald constituent ainsi à la fois un patrimoine à préserver, un territoire où vivent et travaillent des populations et un espace franco-allemand d’apprentissage et de coopération.
Sources et références
MAB France — Réserve de biosphère transfrontière des Vosges du Nord-Pfälzerwald
https://www.mab-france.org/fr/reserve-de-biosphere/vosges-du-nord-pfaelzerwald/
Présentation de la réserve de biosphère, de son territoire, de sa dimension transfrontalière et de ses principales caractéristiques naturelles, culturelles et humaines.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — La Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald
https://www.parc-vosges-nord.fr/le-parc/la-reserve-de-biosphere-transfrontaliere-vosges-du-nord-pfalzerwald
Présentation de la coopération franco-allemande, de la reconnaissance de la Réserve de biosphère et des caractéristiques générales du territoire.
UNESCO — Man and the Biosphere Programme
https://www.unesco.org/en/mab
Présentation du Programme sur l’Homme et la biosphère, de ses objectifs et du rôle des réserves de biosphère dans la conservation de la biodiversité, le développement durable et la connaissance.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Reconduction de la reconnaissance UNESCO de la Réserve de biosphère transfrontière
https://www.parc-vosges-nord.fr/article/lunesco_reconduit_pour_10_ans_la_rbt
Informations relatives à l’examen périodique de la Réserve de biosphère et à la reconduction de sa reconnaissance.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Annales scientifiques de la Réserve de biosphère transfrontière
https://www.parc-vosges-nord.fr/projet/les-annales-scientifiques-de-la-reserve-de-biosphere-transfrontiere-vosges-du-nord-pfalzerwald
Présentation des travaux et publications scientifiques consacrés au territoire ainsi que du développement de la coopération scientifique franco-allemande.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Des corridors écologiques pour une nature sans frontières
https://www.parc-vosges-nord.fr/projet/des-corridors-ecologiques-pour-une-nature-sans-frontieres
Présentation du projet transfrontalier LIFE Biocorridors et des actions consacrées aux continuités écologiques dans les milieux forestiers, agricoles, aquatiques et humides.