La Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord – Pfälzerwald appartient au réseau mondial des réserves de biosphère développé dans le cadre du programme MAB – Man and the Biosphere, ou L’Homme et la biosphère, de l’UNESCO.
Ce programme repose sur une idée fondamentale : la protection de la nature ne peut pas être pensée indépendamment des sociétés humaines qui vivent dans les territoires.
Une réserve de biosphère n’est donc pas uniquement destinée à préserver des espaces naturels remarquables. Elle constitue également un territoire où l’on cherche à mieux comprendre les relations entre biodiversité, ressources naturelles, activités humaines et développement économique.
Dans les Vosges du Nord et le Pfälzerwald, cette ambition possède une dimension supplémentaire : elle s’exerce de part et d’autre de la frontière franco-allemande, dans un ensemble écologique caractérisé par des continuités de paysages, de forêts, de grès, de cours d’eau et d’habitats naturels.
La Réserve de biosphère transfrontière a été reconnue par l’UNESCO en décembre 1998, réunissant dans un cadre commun deux réserves de biosphère nationales limitrophes.
Qu’est-ce que le programme MAB ?
Le programme Man and the Biosphere (MAB) est un programme scientifique intergouvernemental de l’UNESCO consacré aux relations entre les êtres humains et leur environnement.
Son approche dépasse la protection d’espèces ou de sites isolés.
Le principe consiste à considérer conjointement :
- les écosystèmes ;
- la biodiversité ;
- les ressources naturelles ;
- les populations humaines ;
- les activités économiques ;
- les connaissances scientifiques ;
- les pratiques culturelles ;
- les transformations environnementales.
Les réserves de biosphère constituent l’un des principaux instruments territoriaux du programme.
Elles sont destinées à servir de territoires d’apprentissage et d’expérimentation du développement durable, où protection de la biodiversité et besoins des sociétés humaines sont étudiés ensemble.
Le réseau mondial MAB rassemble aujourd’hui des réserves de biosphère dans de nombreux pays, dont plusieurs territoires transfrontaliers. L’UNESCO répertorie toujours le Pfälzerwald / Vosges du Nord parmi ces réserves.
Pourquoi associer l’Homme et la biosphère ?
Le nom même du programme résume son principe.
L’Homme et la biosphère signifie que l’être humain n’est pas considéré uniquement comme une pression extérieure exercée sur la nature.
Les sociétés humaines font elles-mêmes partie des systèmes territoriaux.
Elles utilisent l’eau, le bois, les sols et les paysages. Elles construisent des villages, cultivent des terres, exploitent des forêts, développent des activités économiques et transforment leur environnement.
Inversement, leurs conditions de vie dépendent de la qualité des écosystèmes, de l’eau, des sols, du climat et des ressources naturelles.
Le programme MAB cherche donc à comprendre ces interactions afin de favoriser des relations plus durables entre sociétés humaines et systèmes écologiques.
Cette approche est particulièrement adaptée aux Vosges du Nord – Pfälzerwald, qui constituent un territoire habité et exploité depuis longtemps.
Pour découvrir cette dimension humaine du territoire, consultez Habitants et territoire des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Une réserve de biosphère n’est pas une réserve naturelle classique
Le terme « réserve » peut prêter à confusion.
Une réserve de biosphère n’est pas simplement une vaste réserve naturelle dans laquelle les activités humaines seraient interdites.
Elle comprend au contraire des espaces remplissant différentes fonctions : certains sont prioritairement consacrés à la conservation, tandis que d’autres accueillent des activités humaines, économiques et sociales.
Cette organisation permet de travailler simultanément sur :
la protection de la biodiversité,
l’utilisation durable des ressources,
le développement des territoires,
la recherche scientifique,
l’éducation et la transmission des connaissances.
Le classement MAB ne remplace pas non plus les réglementations nationales ou européennes de protection de la nature. Il constitue un cadre territorial et international permettant de mettre en relation conservation, connaissance et développement durable.
Les trois fonctions fondamentales d’une réserve de biosphère
Le modèle MAB repose sur trois fonctions complémentaires.
Elles ne doivent pas être considérées séparément : l’intérêt d’une réserve de biosphère réside précisément dans leur articulation.
1. Conserver la biodiversité et les paysages
La première mission est la conservation.
Elle concerne notamment :
- les écosystèmes ;
- les habitats naturels ;
- les espèces animales et végétales ;
- la diversité génétique ;
- les paysages ;
- les continuités écologiques.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, cette fonction concerne un territoire fortement forestier mais beaucoup plus diversifié qu’un simple massif boisé.
Forêts, cours d’eau, zones humides, prairies, espaces agricoles, falaises et formations rocheuses de grès composent une mosaïque de milieux.
La conservation ne consiste donc pas uniquement à protéger quelques sites remarquables. Elle suppose aussi de comprendre les relations entre les différents habitats et les déplacements des espèces à travers le paysage.
Pour une présentation détaillée de ces milieux, consultez Patrimoine naturel des Vosges du Nord – Pfälzerwald : milieux et biodiversité.
2. Favoriser un développement durable du territoire
La deuxième fonction concerne le développement.
Une réserve de biosphère doit favoriser des formes de développement économique et humain compatibles avec la conservation des ressources naturelles et les caractéristiques culturelles du territoire.
Cela peut concerner notamment :
- l’agriculture ;
- la sylviculture ;
- le tourisme ;
- l’artisanat ;
- l’alimentation ;
- l’énergie ;
- l’aménagement ;
- les mobilités ;
- la valorisation des patrimoines ;
- les circuits économiques locaux.
Il ne s’agit pas d’empêcher toute transformation.
L’objectif consiste plutôt à rechercher des manières d’habiter, produire, exploiter et découvrir le territoire sans compromettre durablement ses ressources et sa biodiversité.
L’UNESCO présente ainsi les réserves de biosphère comme des territoires permettant d’expérimenter et d’illustrer des pratiques de développement durable à l’échelle régionale. Cette finalité est également rappelée lors de l’examen périodique de la réserve transfrontalière.
3. Soutenir la recherche, le suivi, l’éducation et la connaissance
La troisième fonction est souvent appelée fonction de soutien logistique.
Elle comprend notamment :
- la recherche scientifique ;
- le suivi des écosystèmes ;
- l’observation du territoire ;
- l’éducation à l’environnement ;
- la formation ;
- le partage des connaissances ;
- la sensibilisation des populations.
Cette fonction est essentielle.
Pour prendre de bonnes décisions, il faut comprendre comment évoluent les forêts, l’eau, les espèces, les paysages et les activités humaines.
Les Vosges du Nord – Pfälzerwald possèdent une longue tradition de recherche et de publication scientifique.
Les Annales scientifiques rassemblent ainsi des travaux en sciences naturelles et humaines réalisés sur le territoire. Depuis 2000, elles sont devenues franco-allemandes et participent directement au partage des connaissances à l’échelle transfrontalière.
Trois fonctions, mais un seul territoire
L’intérêt du modèle MAB réside dans le fait que ces trois missions doivent se renforcer mutuellement.
La conservation sans connaissance scientifique peut manquer d’informations permettant d’orienter les décisions.
Le développement économique sans prise en compte des écosystèmes peut dégrader les ressources dont dépend lui-même le territoire.
La recherche sans application territoriale risque de rester éloignée des besoins des habitants et des gestionnaires.
Une réserve de biosphère cherche donc à créer des liens entre ces dimensions.
On peut résumer cette logique ainsi :
connaître pour mieux comprendre,
protéger ce qui doit l’être,
et développer des activités compatibles avec les capacités du territoire.
Le zonage traduit ces missions dans l’espace
Les trois fonctions du programme MAB possèdent également une traduction spatiale.
Les réserves de biosphère sont organisées autour de trois catégories complémentaires :
- aires centrales ;
- zones tampons ;
- zone de transition.
Les aires centrales donnent la priorité à la conservation.
Les zones tampons permettent des usages compatibles avec les objectifs écologiques et jouent notamment un rôle dans la recherche, le suivi et l’éducation.
La zone de transition est davantage consacrée à la vie du territoire et à la recherche de formes durables de développement.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, ces trois catégories s’étendent de part et d’autre de la frontière.
Leur organisation détaillée est présentée dans Le zonage de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Pourquoi les Vosges du Nord et le Pfälzerwald ?
L’application du programme MAB à ce territoire n’est pas fortuite.
Les Vosges du Nord et le Pfälzerwald possèdent une forte continuité naturelle.
MAB France résume cette unité par plusieurs éléments communs : le grès, les ruisseaux, la forêt, les milieux naturels et les espèces.
La frontière sépare administrativement la France et l’Allemagne, mais elle ne constitue pas une frontière écologique.
Le territoire partage notamment :
- un même socle géologique dominé par le grès ;
- un vaste ensemble forestier ;
- des réseaux hydrographiques ;
- des habitats naturels comparables ;
- de nombreuses espèces communes ;
- des paysages liés à une longue histoire humaine.
Cette continuité rend particulièrement pertinente une approche dans laquelle les enjeux environnementaux sont étudiés à une échelle dépassant la frontière nationale.
Pour comprendre cette géographie, consultez Territoire des Vosges du Nord – Pfälzerwald : paysages, reliefs et caractéristiques.
Du rapprochement de deux réserves à une mission commune
La Réserve de biosphère transfrontière actuelle résulte du rapprochement de deux réserves nationales voisines.
Les sources institutionnelles ne sont pas totalement homogènes sur les années utilisées pour désigner les premières reconnaissances nationales. L’Observatoire transfrontalier indique une création de la réserve des Vosges du Nord en 1988 et une reconnaissance du Pfälzerwald en 1992, tandis que d’autres pages institutionnelles utilisent respectivement 1989 et 1993.
En revanche, le point essentiel est clairement documenté : les deux territoires ont été reconnus ensemble comme Réserve de biosphère transfrontière en décembre 1998.
Cette reconnaissance a donné une dimension commune à des coopérations déjà engagées.
L’histoire détaillée de cette évolution est présentée séparément dans Origine et histoire de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Ainsi, cette page se concentre sur la mission du programme MAB, tandis que origine.htm conserve la fonction de page historique.
Une mission particulièrement adaptée à un territoire transfrontalier
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, les objectifs du programme MAB prennent une dimension supplémentaire : ils doivent être poursuivis entre deux pays.
La conservation d’une espèce peut nécessiter des actions françaises et allemandes.
L’étude d’un massif forestier peut bénéficier de données provenant des deux côtés.
Un cours d’eau peut traverser la frontière.
Une stratégie de développement durable peut permettre de comparer ou de rapprocher des pratiques différentes.
La coopération transfrontalière devient ainsi non seulement une caractéristique administrative de la réserve, mais aussi un outil permettant de mieux accomplir ses missions écologiques, scientifiques et territoriales.
MAB France décrit cette coopération comme une volonté de construire un avenir à partir de ce qui unit les deux territoires : paysages, ressources patrimoniales, cultures proches et vision commune des enjeux futurs.
Conserver sans isoler
Une particularité importante du programme MAB est de ne pas concevoir la conservation uniquement par l’isolement de la nature.
Certaines zones nécessitent naturellement une protection forte.
Mais à l’échelle d’un territoire entier, la biodiversité dépend aussi de ce qui se passe dans les forêts exploitées, les terres agricoles, les villages, les cours d’eau, les infrastructures et les espaces touristiques.
Cela explique l’importance des continuités écologiques.
Le projet transfrontalier LIFE Biocorridors a par exemple travaillé sur les connexions entre habitats forestiers, agricoles et aquatiques afin de permettre aux espèces de circuler plus facilement dans le paysage.
La mission de conservation s’étend ainsi au-delà des seuls espaces bénéficiant de la protection la plus forte.
Faire du territoire un lieu d’expérimentation
Une réserve de biosphère peut également être comprise comme un territoire d’expérimentation.
Il ne s’agit pas d’un laboratoire fermé, mais d’un espace réel dans lequel vivent des habitants et fonctionnent des activités économiques.
Les solutions doivent donc être applicables dans la vie quotidienne.
Elles peuvent concerner :
- de nouvelles pratiques de gestion des ressources ;
- la restauration écologique ;
- des formes d’agriculture plus favorables à la biodiversité ;
- l’adaptation des forêts ;
- la réduction des pressions environnementales ;
- le tourisme durable ;
- la valorisation des savoir-faire locaux ;
- l’éducation et la participation citoyenne.
Le but n’est pas de prétendre qu’une solution unique pourrait être appliquée partout.
Une réserve de biosphère permet plutôt de tester, observer, comparer et transmettre des expériences susceptibles d’aider d’autres territoires.
Observer les transformations à long terme
La mission scientifique du MAB implique également une vision à long terme.
Les écosystèmes évoluent lentement. Les effets du changement climatique, de la modification des pratiques agricoles ou forestières et de l’évolution des populations ne peuvent pas toujours être compris sur quelques années.
L’Observatoire de la Réserve de biosphère transfrontière contribue à cette fonction en travaillant à l’échelle française et allemande et en rapprochant méthodes, données géographiques et thématiques d’étude.
Cette capacité d’observation est particulièrement importante pour analyser :
- l’évolution de l’occupation des sols ;
- les changements paysagers ;
- la biodiversité ;
- les dynamiques démographiques ;
- les activités humaines ;
- les effets du changement climatique.
Une réserve de biosphère devient ainsi un territoire où l’on peut suivre dans le temps les interactions entre nature et société.
Partager les connaissances
Produire de la connaissance ne suffit pas.
Une mission essentielle consiste à la rendre accessible.
Chercheurs, gestionnaires, élus, enseignants, associations, habitants et visiteurs n’ont pas les mêmes besoins ni le même niveau de spécialisation.
Les résultats scientifiques doivent donc pouvoir être traduits en informations utilisables pour :
- la gestion du territoire ;
- les décisions publiques ;
- l’enseignement ;
- l’éducation à l’environnement ;
- les activités professionnelles ;
- la compréhension des enjeux par les habitants.
Les Annales scientifiques franco-allemandes constituent un exemple durable de cette volonté de diffuser les connaissances produites sur le territoire. Elles rassemblent des travaux issus aussi bien des sciences de la nature que des sciences humaines.
Sensibiliser et éduquer
L’éducation constitue une composante importante de la mission MAB.
Comprendre la biodiversité, le fonctionnement d’une forêt ou le rôle d’une zone humide peut influencer la manière dont un territoire est utilisé et perçu.
Mais l’éducation au développement durable dépasse la transmission de connaissances naturalistes.
Elle peut aussi aider à comprendre :
- les choix d’aménagement ;
- l’utilisation des ressources ;
- les conflits d’usage ;
- les conséquences des modes de consommation ;
- la relation entre économie et environnement ;
- les effets des comportements individuels et collectifs.
MAB France développe d’ailleurs des outils pédagogiques destinés au dialogue et à l’éducation au développement durable, y compris des outils adaptés spécifiquement aux réserves de biosphère.
Dans un territoire franco-allemand, cette mission possède également une dimension interculturelle et linguistique.
Impliquer les habitants
Les populations locales ne sont pas seulement les bénéficiaires ou les destinataires des politiques de la réserve.
Elles font partie du système étudié et peuvent contribuer à sa transformation.
Le Parc rappelle explicitement parmi les outils d’une réserve de biosphère l’éducation, l’implication des habitants, la recherche interdisciplinaire et l’information.
Cette participation peut prendre de nombreuses formes :
- projets locaux ;
- associations ;
- sciences participatives ;
- activités éducatives ;
- initiatives économiques ;
- pratiques agricoles ou forestières ;
- actions de conservation ;
- débats sur l’avenir du territoire.
Cette dimension distingue fortement le modèle MAB d’une vision dans laquelle la protection de l’environnement serait uniquement une affaire d’experts et d’administrations.
Respecter également les patrimoines culturels
Le développement durable ne concerne pas uniquement le patrimoine naturel.
Les paysages des Vosges du Nord – Pfälzerwald ont été façonnés pendant des siècles par les populations humaines.
Villages, architecture, châteaux, artisanat, usages forestiers, agriculture, traditions et savoir-faire font partie de l’identité du territoire.
La mission MAB encourage donc également une approche qui prend en compte les valeurs culturelles dans les relations entre populations et environnement. Le Parc souligne explicitement cette articulation entre développement social et économique, conservation de la biodiversité, protection de l’environnement et respect des valeurs culturelles.
Cette dimension est développée dans Patrimoine culturel des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Une coopération franco-allemande au service du MAB
La mission ne peut devenir concrète que si elle est traduite en organisation et en projets.
La Réserve de biosphère transfrontière ne possède pas une administration autonome unique. Son fonctionnement repose sur la coopération entre les structures françaises et allemandes.
Un protocole d’accord et un Comité de coordination organisent cette coopération. Les décisions concernant les politiques et actions à l’échelle transfrontalière peuvent ensuite être mises en œuvre par les structures porteuses ou par d’autres partenaires.
Cette organisation permet de traduire les grands principes du programme MAB en actions territoriales.
Le fonctionnement institutionnel est expliqué dans Fonctionnement et organisation de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Des missions qui évoluent avec les nouveaux enjeux
Les principes fondamentaux du MAB restent stables, mais les problèmes auxquels ils doivent répondre évoluent.
Aujourd’hui, les réserves de biosphère doivent notamment composer avec :
- le changement climatique ;
- la modification des ressources en eau ;
- la fragmentation des habitats ;
- l’évolution des forêts ;
- les pressions sur certaines espèces ;
- les changements démographiques ;
- l’évolution des pratiques agricoles ;
- les nouvelles formes de tourisme et de loisirs ;
- la transition énergétique ;
- les transformations économiques.
Le MAB n’apporte pas une réponse automatique à chacun de ces problèmes.
Il offre plutôt un cadre permettant de les aborder simultanément sous leurs dimensions écologiques, sociales, scientifiques et économiques.
Une mission évaluée dans le temps
L’appartenance au réseau mondial des réserves de biosphère implique également une évaluation périodique.
Le territoire doit montrer qu’il continue à remplir les objectifs du programme et qu’il dispose des moyens nécessaires pour les poursuivre.
L’examen périodique de la Réserve de biosphère transfrontière, commencé en 2018, a ainsi nécessité l’analyse de données scientifiques, socio-économiques et financières ainsi que des projets menés aux niveaux français, allemand et transfrontalier.
Le 17 juin 2022, le Conseil international de coordination du programme MAB a reconduit la reconnaissance de la réserve à l’unanimité et sans demande de modification.
Cette évaluation rappelle qu’une réserve de biosphère n’est pas seulement un titre : elle correspond à des fonctions qui doivent continuer à être exercées et documentées dans le temps.
De principes internationaux à des actions locales
Le programme MAB est international, mais son intérêt se mesure surtout dans les territoires.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, ses grandes ambitions deviennent concrètes lorsqu’elles conduisent à :
- protéger ou restaurer des habitats ;
- améliorer les continuités écologiques ;
- suivre l’évolution des forêts et de l’eau ;
- produire des connaissances scientifiques ;
- partager des données entre la France et l’Allemagne ;
- accompagner des pratiques plus durables ;
- sensibiliser les populations ;
- associer les habitants ;
- développer des projets transfrontaliers.
Le programme fournit donc un cadre global, tandis que les acteurs du territoire lui donnent une réalité locale.
Une vision de long terme pour les Vosges du Nord – Pfälzerwald
La mission d’une réserve de biosphère ne consiste pas à conserver un territoire dans un état immuable.
Les paysages évoluent. Les sociétés changent. Le climat se transforme. De nouvelles activités apparaissent tandis que d’autres disparaissent.
L’enjeu est de faire évoluer le territoire sans perdre les ressources naturelles, écologiques et culturelles qui en constituent la richesse.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, cette ambition s’accompagne d’une responsabilité supplémentaire : penser l’avenir d’un même ensemble naturel à travers deux pays.
C’est ce qui donne à cette réserve sa dimension particulière au sein du programme MAB.
À retenir
Le programme MAB – Man and the Biosphere de l’UNESCO étudie et accompagne les relations entre les sociétés humaines et leur environnement.
Une réserve de biosphère remplit trois grandes fonctions complémentaires :
conserver la biodiversité et les paysages ;
favoriser un développement humain et économique durable ;
soutenir la recherche, le suivi, l’éducation et le partage des connaissances.
Dans les Vosges du Nord – Pfälzerwald, ces missions s’exercent sur un territoire partagé entre la France et l’Allemagne, caractérisé par une forte continuité écologique et paysagère.
La reconnaissance transfrontalière de 1998 a permis d’inscrire ces deux territoires dans un même cadre MAB.
La mission n’est donc pas seulement de protéger la nature, mais de rechercher dans la durée des relations plus équilibrées entre biodiversité, ressources naturelles, activités humaines, connaissances et développement du territoire.
Sources et références
Les principales informations utilisées pour cette page proviennent des institutions responsables du programme MAB et de la Réserve de biosphère :
- UNESCO — Programme Man and the Biosphere et réseau mondial
- MAB France — Réserve de biosphère Vosges du Nord–Pfälzerwald
- Parc naturel régional des Vosges du Nord — Réserve de biosphère transfrontière
- Parc naturel régional des Vosges du Nord — Observatoire transfrontalier
- Parc naturel régional des Vosges du Nord — Annales scientifiques transfrontalières
- MAB France — fonctionnement et gouvernance de la réserve transfrontière
- Fédération des Parcs naturels régionaux — Territoires et terres d’échanges, publication de 2008