Dans un territoire dominé par de vastes massifs forestiers, les milieux ouverts des Vosges du Nord – Pfälzerwald forment un contraste essentiel. Prairies, pelouses, landes, vergers, pâturages, friches, lisières et réseaux de haies composent des paysages où la lumière atteint directement le sol et permet le développement d’une flore et d’une faune très différentes de celles des milieux forestiers.
Ces espaces ne sont pas seulement des « vides » entre les forêts et les villages. Ils constituent de véritables habitats, souvent façonnés au cours des siècles par l’agriculture, l’élevage, la fauche, le pâturage et l’arboriculture.
Leur richesse repose en grande partie sur un équilibre délicat : maintenir des espaces suffisamment ouverts sans intensifier leur exploitation au point d’appauvrir leur biodiversité.
Dans la Réserve de biosphère transfrontalière Vosges du Nord – Pfälzerwald, cette mosaïque de prairies, vergers, haies et autres espaces semi-ouverts participe également aux continuités écologiques entre la France et l’Allemagne.
Pour comprendre leur place dans l’ensemble du territoire, consultez également le patrimoine naturel des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Que sont les milieux ouverts ?
Les milieux ouverts regroupent des habitats dans lesquels les arbres ne constituent pas une couverture forestière continue.
Cette définition recouvre cependant des paysages très différents : prairies permanentes, prairies de fauche, pâturages, pelouses sèches ou maigres, prairies humides, landes, friches, vergers traditionnels, prés-vergers, haies et bosquets associés aux espaces agricoles, ainsi que lisières et autres milieux semi-ouverts.
La distinction entre ces catégories n’est pas toujours absolue.
Une prairie humide appartient par exemple à la fois aux milieux ouverts et aux milieux humides. Un verger traditionnel associe une strate herbacée à des arbres fruitiers. Une lisière constitue une transition progressive entre prairie et forêt.
C’est précisément cette diversité de situations qui donne aux paysages ouverts une grande partie de leur intérêt écologique.
Un patrimoine naturel façonné par les activités humaines
Une grande partie des milieux ouverts européens est liée à une longue histoire d’utilisation des terres.
Sans fauche, pâturage ou autre forme de gestion, de nombreuses parcelles évoluent progressivement. Des herbes hautes et des plantes vivaces peuvent être suivies par des arbustes, puis par des formations boisées.
Cette évolution naturelle n’est ni « bonne » ni « mauvaise » en elle-même.
Mais lorsqu’un territoire souhaite conserver des espèces dépendantes des prairies, pelouses ou autres habitats ouverts, une certaine forme de gestion devient nécessaire.
Les pratiques agricoles traditionnelles ont ainsi contribué à créer et maintenir une mosaïque d’habitats.
La biodiversité de ces espaces est donc étroitement liée à la relation entre nature et activités humaines.
Cette interaction correspond particulièrement bien à la logique d’une réserve de biosphère : comprendre comment la conservation de la biodiversité peut être conciliée avec les activités et usages du territoire.
Les prairies : une diversité souvent sous-estimée
Toutes les prairies ne se ressemblent pas.
Leur végétation dépend notamment du type de sol, de l’humidité, de l’acidité, de la disponibilité en nutriments, de l’altitude et de l’exposition, de la fréquence de fauche, de l’intensité du pâturage, de la fertilisation et de l’histoire de la parcelle.
Deux prairies apparemment semblables peuvent donc présenter des communautés végétales très différentes.
Cette diversité a fait l’objet de travaux spécifiques dans le massif des Vosges. Un référentiel phytosociologique consacré aux milieux ouverts à semi-ouverts permet aujourd’hui de distinguer et de caractériser de nombreux types de prairies, pelouses, landes et ourlets.
Ces travaux montrent pourquoi une prairie ne doit pas être évaluée uniquement selon son apparence générale.
Sa composition floristique et son mode de gestion fournissent des informations essentielles sur son fonctionnement et son intérêt patrimonial.
Les prairies permanentes
Une prairie permanente peut constituer un écosystème complexe lorsqu’elle est maintenue sur une longue durée et gérée de manière compatible avec sa diversité biologique.
Les graminées y côtoient différentes plantes à fleurs. Cette diversité végétale crée à son tour des ressources pour les insectes, les oiseaux et d’autres animaux.
Le moment de la fauche peut avoir une influence importante.
Une fauche très précoce et répétée ne produit pas les mêmes conditions écologiques qu’une fauche plus tardive permettant à davantage de plantes de fleurir et à certains animaux d’accomplir une partie de leur cycle biologique.
La fertilisation joue elle aussi un rôle majeur. Lorsque l’apport en nutriments augmente fortement, quelques plantes compétitives peuvent devenir dominantes au détriment d’espèces adaptées à des sols plus pauvres.
La conservation d’une prairie diversifiée dépend donc moins de l’absence totale d’intervention que d’une gestion adaptée aux caractéristiques du milieu.
Les prairies maigres
Les prairies maigres se développent dans des conditions où la disponibilité en nutriments reste relativement faible.
Cette pauvreté du sol peut sembler défavorable, mais elle limite justement la domination de quelques espèces très compétitives.
Une plus grande diversité végétale peut alors se maintenir.
Ces prairies peuvent accueillir une flore particulièrement variée et offrir des ressources à de nombreux insectes pollinisateurs.
Elles sont cependant sensibles aux changements de pratiques.
Une fertilisation importante, une transformation du sol ou une intensification de l’exploitation peut rapidement modifier leur composition.
Inversement, l’abandon complet peut entraîner progressivement leur fermeture.
Le maintien de ces habitats demande donc un équilibre entre utilisation agricole et conservation.
Les prairies humides : entre deux grands ensembles naturels
Certaines prairies occupent des sols régulièrement ou durablement humides, notamment dans les fonds de vallée.
Elles appartiennent simultanément aux milieux ouverts et aux milieux humides.
Cette position intermédiaire leur confère un intérêt particulier.
Leur végétation dépend du régime hydrologique, mais également de la fauche, du pâturage et des autres pratiques agricoles.
Le drainage peut profondément modifier ces conditions en réduisant l’humidité du sol. À l’inverse, l’abandon d’une prairie humide peut favoriser le développement de végétations hautes puis, selon les circonstances, de formations arbustives ou boisées.
Pour approfondir cet aspect du patrimoine naturel, consultez les milieux humides des Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Les pelouses et milieux secs
Les secteurs secs et pauvres en nutriments peuvent accueillir une végétation basse et relativement clairsemée.
Dans certaines parties des Vosges du Nord, les substrats sableux issus du grès créent des conditions particulières.
Ces pelouses peuvent accueillir des plantes adaptées à la sécheresse, à l’ensoleillement et à des sols peu fertiles.
Les espaces ouverts bien exposés offrent également des conditions favorables à différents insectes, notamment des papillons et autres espèces thermophiles.
Comme pour les prairies maigres, leur richesse peut dépendre précisément de conditions que l’agriculture intensive chercherait normalement à corriger : pauvreté du sol, faible productivité et sécheresse relative.
D’un point de vue écologique, ces contraintes peuvent au contraire être à l’origine de leur originalité.
Landes, friches et milieux semi-ouverts
Entre prairie et forêt existe toute une gamme de milieux intermédiaires.
Landes, friches, fourrés, lisières et formations arbustives peuvent constituer des étapes dans l’évolution de la végétation, mais aussi des habitats à part entière.
Ces milieux semi-ouverts apportent de la structure au paysage.
Ils permettent la coexistence de zones ensoleillées, d’arbustes, de végétation herbacée et parfois d’arbres isolés.
Certaines espèces recherchent précisément cette combinaison.
La conservation des milieux ouverts ne signifie donc pas nécessairement qu’il faut supprimer tous les arbres et arbustes.
Une mosaïque comprenant prairies, haies, bosquets, vergers, friches et lisières peut être beaucoup plus intéressante qu’un paysage entièrement uniforme.
Les vergers traditionnels
Les vergers traditionnels constituent l’un des exemples les plus évidents de rencontre entre patrimoine naturel et patrimoine rural.
Des arbres fruitiers de haute tige sont implantés au-dessus d’une prairie qui peut être fauchée ou pâturée.
Cette structure crée plusieurs niveaux d’habitats.
La strate herbacée fournit des fleurs et des ressources alimentaires. Les arbres offrent des branches, des cavités et du bois vieillissant. Les haies et bosquets voisins peuvent compléter cet ensemble.
Les vieux arbres fruitiers présentent un intérêt particulier lorsqu’ils développent des cavités naturelles.
Celles-ci peuvent être utilisées par différents animaux comme sites de repos, d’abri ou de reproduction.
Les vergers possèdent également une dimension culturelle : ils témoignent de pratiques agricoles et de variétés fruitières liées à l’histoire locale.
Leur conservation associe ainsi biodiversité, paysage, agriculture et patrimoine.
Haies, arbres isolés et bosquets
Une prairie isolée au milieu d’un paysage homogène ne fonctionne pas de la même manière qu’une prairie reliée à d’autres habitats par des haies, arbres et bosquets.
Ces structures contribuent à créer des continuités écologiques.
Une haie peut fournir des sites de nidification, des refuges, des ressources alimentaires, des zones d’ombre, des perchoirs et des voies de déplacement.
Elle constitue également une transition entre différents types d’habitats.
Les arbres isolés jouent eux aussi un rôle paysager et écologique, particulièrement lorsqu’ils vieillissent et développent des structures favorables à la faune.
C’est pourquoi les stratégies contemporaines de restauration des milieux ouverts ne s’intéressent pas uniquement aux surfaces de prairie : elles prennent également en compte les éléments qui les relient.
Une biodiversité liée aux paysages ouverts
Les milieux ouverts accueillent une faune très différente de celle des grands massifs forestiers.
Les plantes à fleurs fournissent nectar et pollen à de nombreux insectes.
Papillons, abeilles sauvages, syrphes et autres invertébrés utilisent différentes ressources au cours de leur cycle de vie.
Les oiseaux peuvent dépendre des prairies pour leur alimentation tout en utilisant des haies, buissons ou arbres fruitiers pour nicher ou se percher.
Les chauves-souris peuvent également exploiter les lisières, vergers et prairies comme territoires de chasse.
Cette biodiversité dépend donc rarement d’un seul habitat.
Une espèce peut avoir besoin simultanément d’une prairie riche en insectes, d’une haie pour se déplacer et d’un arbre ou d’un bâtiment pour se reproduire.
La mosaïque paysagère devient alors aussi importante que la qualité de chaque parcelle prise séparément.
Les oiseaux des milieux ouverts
Les oiseaux constituent de bons exemples des relations entre habitats et structure du paysage.
Certaines espèces utilisent les prairies et pâturages pour rechercher leur nourriture. D’autres ont besoin de buissons, de haies ou d’arbres isolés à proximité.
La disparition des haies peut donc affecter une espèce même lorsque la surface de prairie reste identique.
Inversement, la fermeture complète d’un espace par les arbustes et les arbres peut faire disparaître les conditions recherchées par les espèces véritablement liées aux paysages ouverts.
La conservation consiste alors à maintenir une combinaison de structures différentes plutôt qu’un paysage figé.
Des suivis ornithologiques ont notamment été intégrés au projet LIFE Biocorridors afin d’évaluer les actions réalisées dans les milieux ouverts de la Réserve de biosphère transfrontalière.
Papillons, pollinisateurs et diversité floristique
Les prairies riches en fleurs sont particulièrement importantes pour les insectes.
Mais la simple présence de fleurs à un moment donné ne suffit pas à décrire la qualité d’un habitat.
Les différentes espèces n’ont pas toutes les mêmes besoins.
Certaines larves dépendent d’une plante-hôte précise. Les adultes peuvent utiliser d’autres fleurs comme source de nectar. La période de fauche peut intervenir à un moment critique du cycle biologique.
La diversité des plantes et la continuité dans le temps des ressources disponibles jouent donc un rôle important.
Cette relation explique pourquoi la gestion des prairies ne peut pas être réduite à une simple opposition entre « faucher » et « ne pas faucher ».
Le calendrier, la fréquence et l’intensité des interventions comptent également.
La fermeture des milieux
L’abandon agricole peut sembler, à première vue, favorable à la nature puisque l’intervention humaine diminue.
Pour certaines espèces forestières, l’évolution vers des formations boisées peut effectivement créer de nouveaux habitats.
Mais pour les espèces dépendantes des prairies, pelouses ou mosaïques semi-ouvertes, cette transformation signifie au contraire la disparition progressive de leur habitat.
Après l’arrêt de la fauche ou du pâturage, une végétation haute peut s’installer, suivie par des arbustes puis par des arbres.
Ce phénomène de fermeture des milieux constitue donc un enjeu important lorsque l’objectif est de préserver des habitats ouverts patrimoniaux.
La réponse n’est pas nécessairement une intervention intensive : une fauche adaptée ou un pâturage maîtrisé peut parfois suffire à maintenir le caractère ouvert du milieu.
L’intensification agricole
À l’autre extrême, l’intensification des pratiques peut elle aussi réduire fortement la diversité biologique.
Le retournement des prairies permanentes, l’augmentation importante de la fertilisation, des fauches plus précoces et plus fréquentes, le drainage de prairies humides, l’usage de certains produits phytosanitaires, la suppression des haies et l’homogénéisation des paysages peuvent notamment affecter les prairies.
Ces modifications peuvent augmenter la productivité agricole mais réduire la variété des habitats et des espèces.
L’enjeu consiste donc à rechercher des pratiques permettant de maintenir une activité agricole viable tout en préservant les caractéristiques écologiques des prairies et paysages bocagers.
Agriculture et biodiversité : une relation à construire
Les agriculteurs occupent une place centrale dans la conservation des milieux ouverts.
Contrairement à certains habitats pouvant être laissés en libre évolution, une grande partie des prairies et vergers dépend d’une gestion régulière.
Fauche, pâturage et entretien des arbres ne sont donc pas nécessairement opposés à la conservation.
Dans certaines situations, ils en constituent même une condition.
La question essentielle devient alors celle des modalités de gestion : à quelle période intervenir, avec quelle fréquence et avec quelle intensité ?
Une approche agroécologique cherche précisément à intégrer ces dimensions dans la gestion des terres agricoles.
Les travaux consacrés aux prairies permanentes du massif des Vosges visent notamment à mieux comprendre leurs caractéristiques agronomiques et écologiques afin de favoriser des pratiques adaptées.
Restaurer les continuités écologiques
Un habitat de grande qualité peut perdre une partie de son intérêt lorsqu’il devient complètement isolé.
Les populations animales et végétales ont besoin de pouvoir se disperser, coloniser de nouveaux sites et maintenir des échanges entre populations.
C’est le principe des corridors écologiques.
Dans les paysages ouverts, ces continuités peuvent être assurées par une succession de prairies, haies, vergers, bosquets, lisières et autres structures naturelles ou semi-naturelles.
La Réserve de biosphère transfrontalière Vosges du Nord – Pfälzerwald constitue un territoire particulièrement intéressant pour cette approche puisque les réseaux écologiques doivent être envisagés indépendamment de la frontière franco-allemande.
Cette logique est également développée dans Nature sans frontière : les continuités naturelles entre les Vosges du Nord et le Pfälzerwald.
LIFE Biocorridors et les milieux ouverts
Le projet européen LIFE Biocorridors, mené de 2016 à 2022 à l’échelle transfrontalière, a consacré une partie spécifique de ses actions aux milieux ouverts.
Le programme reposait sur une étude des réseaux écologiques transfrontaliers réalisée en 2012, qui avait identifié des continuités à renforcer dans les milieux forestiers, aquatiques et ouverts.
Dans les espaces ouverts, les interventions ont notamment porté sur la plantation de haies champêtres diversifiées, la plantation d’arbres fruitiers de haute tige de variétés locales anciennes, la restauration de vergers, la restauration de prairies maigres et humides ainsi que le suivi de certaines espèces d’oiseaux.
Ces actions montrent une évolution importante de la conservation de la nature.
Il ne s’agit plus uniquement de protéger quelques sites remarquables, mais également de reconnecter les habitats à l’échelle du paysage.
Une coopération au-delà de la frontière
La frontière entre la France et l’Allemagne n’a évidemment aucune signification écologique pour une plante, un papillon, un oiseau ou une chauve-souris.
Les habitats peuvent se poursuivre de part et d’autre de cette limite administrative.
La coopération entre les Vosges du Nord et le Pfälzerwald permet donc de réfléchir à une échelle plus proche du fonctionnement réel des populations animales et végétales.
Les expériences de gestion des prairies, de restauration des vergers ou de coopération avec les agriculteurs peuvent également être partagées entre les deux territoires.
Cette dimension transfrontalière constitue l’une des caractéristiques majeures de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald.
Les milieux ouverts face au changement climatique
Le changement climatique peut modifier les conditions auxquelles les prairies et autres habitats ouverts sont soumis.
Températures plus élevées, sécheresses, changements dans la répartition saisonnière des précipitations et événements météorologiques extrêmes peuvent influencer la végétation et les pratiques agricoles.
Les conséquences varient selon les sols, l’exposition, l’humidité et le type de prairie.
Préserver une diversité d’habitats et maintenir des connexions entre eux peut améliorer les possibilités de déplacement et d’adaptation de certaines espèces.
Il faut néanmoins éviter de présenter une mesure unique comme une solution universelle.
La réponse dépendra du milieu, de son état, des usages agricoles et de l’évolution locale des conditions climatiques.
Préserver une mosaïque plutôt qu’un paysage uniforme
L’un des enseignements essentiels de l’écologie des milieux ouverts est que la diversité du paysage compte autant que la superficie totale.
Un territoire composé uniquement de grandes parcelles homogènes ne fournit pas les mêmes habitats qu’un paysage où alternent prairies, pâturages, vergers, haies, arbres isolés, bosquets, mares, lisières et petits cours d’eau.
Les transitions entre ces éléments peuvent elles-mêmes être riches en espèces.
Cette mosaïque explique pourquoi les milieux ouverts doivent être considérés en relation avec les autres composantes du patrimoine naturel.
Les paysages ouverts rencontrent les milieux forestiers des Vosges du Nord – Pfälzerwald au niveau des lisières et se mêlent aux milieux humides des Vosges du Nord – Pfälzerwald dans les fonds de vallée.
La biodiversité résulte en grande partie de ces relations.
Un patrimoine écologique, agricole et paysager
Les milieux ouverts possèdent une particularité importante : leur conservation ne peut généralement pas être séparée de l’activité humaine.
Prairies de fauche, pâturages, prés-vergers et haies racontent également l’histoire de l’agriculture et de l’utilisation des paysages.
Préserver ces habitats ne signifie donc pas nécessairement les soustraire à toute activité.
Il s’agit plutôt de maintenir ou retrouver des usages compatibles avec leur fonctionnement écologique.
Cette approche associe la conservation des habitats et des espèces, le maintien de paysages diversifiés, la préservation de certaines pratiques agricoles, la conservation de variétés fruitières et d’éléments du patrimoine rural, le renforcement des continuités écologiques et la possibilité d’une activité humaine durable.
C’est précisément cette combinaison qui donne aux milieux ouverts leur place particulière dans une réserve de biosphère.
À retenir
Les milieux ouverts des Vosges du Nord – Pfälzerwald constituent un patrimoine naturel étroitement lié à l’histoire humaine du territoire.
Prairies permanentes, prairies maigres ou humides, pelouses, landes, vergers, haies et lisières forment une mosaïque d’habitats complémentaire des grands massifs forestiers.
Leur biodiversité dépend d’un équilibre.
L’abandon peut provoquer la fermeture progressive de certains habitats, tandis qu’une exploitation trop intensive peut réduire leur diversité floristique et faunistique.
Entre ces deux extrêmes, des pratiques adaptées de fauche, de pâturage, d’entretien des vergers et de conservation des haies peuvent contribuer au maintien de paysages ouverts riches en espèces.
Les programmes de restauration écologique menés à l’échelle franco-allemande montrent également que leur avenir dépend de leur connectivité.
Préserver une prairie isolée est utile. Préserver et reconnecter un réseau de prairies, vergers, haies, lisières et autres habitats permet d’agir à l’échelle du paysage.
Les milieux ouverts illustrent ainsi particulièrement bien l’idée centrale de la Réserve de biosphère Vosges du Nord – Pfälzerwald : faire coexister biodiversité, paysages, activités humaines et coopération transfrontalière.
Sources et références
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Quelle est cette prairie ? Un référentiel phytosociologique pour y répondre !
https://www.parc-vosges-nord.fr/article/un-referentiel-phytosociologique-des-milieux-ouverts-du-massif-des-vosges
Présentation du référentiel consacré aux prairies, pelouses, landes, ourlets et autres milieux ouverts à semi-ouverts du massif des Vosges.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Les prairies permanentes, notre avenir en herbe !
https://www.parc-vosges-nord.fr/article/colloque-prairie-2021
Ressources scientifiques et techniques consacrées à la diversité, à la gestion et aux fonctions écologiques et agronomiques des prairies permanentes.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Préserver et restaurer la biodiversité dans les Vosges du Nord
https://www.parc-vosges-nord.fr/projet/preserver-et-restaurer-la-biodiversite-dans-les-vosges-du-nord
Présentation des connaissances acquises sur les corridors écologiques et des actions de restauration concernant notamment les milieux ouverts.
LIFE Biocorridors Vosges du Nord – Pfälzerwald — Le projet LIFE Biocorridors
https://www.lifebiocorridors-vosgesnord-pfaelzerwald.eu/de/projet/
Présentation du programme transfrontalier et des actions menées dans les milieux ouverts : haies, arbres fruitiers, vergers et restauration de prairies.
LIFE Biocorridors — Colloque 2022 : Milieux ouverts
https://www.lifebiocorridors-vosgesnord-pfaelzerwald.eu/actions/action-e7-colloque-2022-life-biocorridors/
Restitution des actions, études et expériences franco-allemandes consacrées aux milieux ouverts et aux corridors écologiques.
DREAL Grand Est — Documents d’objectifs Natura 2000 des Vosges du Nord
https://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/docob-des-vosges-du-nord-a2574.html
Documentation Natura 2000 comprenant notamment les habitats de prairies, friches humides et autres milieux ouverts des Vosges du Nord.
Parc naturel régional des Vosges du Nord — Menaces et enjeux dans les sites Natura 2000
https://www.parc-vosges-nord.fr/article/menaces-et-enjeux-dans-les-sites-natura-2000-du-pnr-des-vosges-du-nord
Présentation des pressions identifiées sur les prairies et autres habitats, parmi lesquelles l’intensification agricole, le drainage et la fermeture des milieux.